De Palerme à Milazzo en passant par les Eoliennes

Du 8 au 15 août 2020

 » Ce fut un très beau voyage, loin de ce qui fait notre quotidien habituel. J’ai noté quelques impressions :

  • La matière, le bois qui invite à l’intimité
  • Un capitaine qui parle lentement mais agit vite, compétent efficace et rassurant
  • Un moment de convivialité et d’échange avec l’équipe qui précède et celle qui suit
  • Un équipage (mixte) qui sait cuisiner : coq au vin, gratin de courgettes, tagliatelles au saumon …et participe à la manœuvre.
  • Des paysages à la fois doux et sauvages qui reflètent par leur structure géologique la genèse de la terre, …. et la mer d’un bleu profond.
  • Des criques abritées pour les escales du soir.
  • Dans un espace réduit une impression de liberté où chaque itinéraire est discuté avec l’équipage.

Une expérience à renouveler. « 

Etienne TARDIOU

Arrivée à Alicudi
Dans les Eoliennes

Nous étions quatre apprentis matelots
Par une solide amitié liés
Qui rêvions d’aller sur les flots
Par Héléna fascinés

Mais l’an dernier la belle séquestrée
Dans un port hellénique.
A nos rêves s’est dérobée
Et bientôt nous a fait la nique.

Dès lors nous n’eûmes d’autre recours.
Que de nous jeter dans les bras
D’un marin au long cours
Qui dans le rouge jamais ne sombra.

Mais cette année oh merveille
Nous avons retrouvé la centenaire.
Et son amoureux de la veille
Alain le hardi légionnaire.

Avitaillement à Lipari
Stromboli

La mer fut calme cependant
Pas un souffle de vent
L’apéro célébré abondamment
Jusque sur le gaillard d’avant

A notre béatitude rien ne manquait
Si ce n’est de notre ami Patrice la placidité.
Que d’Aline l’hyper activité
Jamais ne put remplacer.

Donnons-nous rendez-vous l’an prochain
Les trois mousquetaires enfin quatre
Pour empanner a tout crain
Et contre Eole afin nous battre

Alors  Dieu-vat


Bernard Poyetton

Concarneau – Groix – Sein – Concarneau

La traditionnelle croisière annuelle du Club Nautique Vallée de Joux débute le 19 septembre 2022 à Concarneau, dans le port de pêche, devant la ville fortifiée.

Le dimanche, les marées étant favorables, cap sur la rivière de l’Aven, ses méandres enchanteurs et sauvages jusqu’à Pont Aven, où l’accueil chaleureux de l’association Belle Angèle et de son superbe bateau Minahouët nous attend. Il est d’un an l’aîné (1912) de notre ketch. Helena s’est posée sur la nuit sur sa béquille et le quai, pendant que nous profitions d’un restaurant quasi gastronomique.

Pont Aven

Le lendemain, malgré des calculs au plus juste, le départ à 8 heures 30 n’est plus possible, la marée descendant trop rapidement. Nouveau programme : balade en forêt et rafistolage de l’artimon, qui sera du coup utilisable pour la fin de la semaine. A 15 heures la marée nous libère.

Toutes voiles dehors, un joli portant de 15 nœuds nous permet de mettre le cap sur l’île de Groix et de mouiller à 19 heures dans la crique sauvage de St Nicolas, où nous admirons le fameux rayon vert du coucher de soleil.

Soirée à Groix

Mardi matin, cap à l’ouest, direction pointe de Penmarc’h, sous voile, au travers. Tentative d’entrée au port Le Guilvinec, mais les voiliers de plus de 13 mètres n’y sont pas les bienvenus. C’est donc un nouveau mouillage devant la belle plage du Ster qui nous accueille. L’avitaillement se fait alors en annexe à Kerity : huîtres, soupe de poissons et far aux pruneaux sont ramenés pour le menu du soir.

Calculs de marée et point météo : fantastique, tous les feux sont exceptionnellement au vert pour mettre demain le cap sur l’île de Sein.

Traversée de la baie d’Audierne avec déjà des courants et des vents favorables ; les dauphins sont à nouveau présents. Même par beau temps et vent léger dans le Raz de Sein, la mer se déchaîne soudain au sud du phare du Tevennec pendant un quart d’heure.

Arrivée à l’Ile de Sein
Sein

Le mouillage dans le port à échouage de Sein se fait sous un soleil radieux qui nous accompagne pour notre tour de l’île et ses murets de galets, île qui est délaissée par les touristes en cette saison. Seul le skipper profitera de la pleine lune pour faire un tour sur l’estran autour de Helena échouée mais béquillée au milieu de la nuit.

Jeudi, passage calme du Raz dans la brume. Peu de vent, ce qui nous donne l’occasion de hisser le spi en vue de l’archipel de Glénan.

Traversée du Raz de Sein
Escale aux Glénans

Mouillage-échouage devant l’île du Loch, avec les traditionnels plongeons depuis le beaupré. L’équipage prépare un nouveau repas délicieux ce soir : poulet sauce moutarde et spaghetti tomate.

Aux Glénans

Pour le dernier jour de navigation : balades en annexe et à pied dans les îles, avec en sus un échouage involontaire sur sable pendant 1 heure, le temps du déjeuner !

Il est finalement temps de rejoindre Concarneau, son port de pêche et ses restaurants dans la cité fortifiée pour un dernier repas breton, avec coquilles et sardines, puis crème fouettée au caramel.

Samedi 22 septembre, les nettoyages et le retour en voiture ponctuent cette semaine si bien remplie.

Alain Ihne

Une brève histoire de la saison 2020

15 mars 2020 … Helena, bichonnée par quelques membres de l’Association, est prête à prendre la mer et à participer aux fêtes d’Escale à Sète. Hélas la pandémie de coronavirus sévit, limite les activités, confine l’Europe et la navigation de plaisance. Ce fut une période difficile pour beaucoup d’entre nous et notre ketch ne put reprendre la mer qu’à la mi-juin.

Helena confinée à Port-Saint-Louis-du-Rhône

Après cette longue attente Helena longe la côte méditerranéenne avant de plonger vers la Corse et de profiter des paysages sauvages de l’île de Beauté. Le voyage se poursuit de Bonifacio à Cagliari en passant par la Costa Smeralda et ses eaux de rêve.

Enfin en mer !
Au large de la Corse

Quelques zigzags et la belle hisse les voiles pour la Sicile. Charles Baudelaire disait « homme libre toujours tu chériras la mer, rien n’est plus vrai cette année.

Dans les îles Egades

Redécouvrir la Sicile et ses îles avoisinantes Egades et Eoliennes fut un enchantement pour les équipages.

Dans les îles Egades on passe de réserves naturelles à de petits ports animés comme Favignana ou Levanzo. Les amateurs de plongée se sont régalé des eaux claires peuplées par des espèces de poissons variés. Nos équipiers n’ont pas manqué de découvrir les anciennes carrières de Favignana. Quant aux mouillages ils furent pittoresques et agréables.

Les Eoliennes nous ont ensuite régalés avec leurs îlots volcaniques découpés, l’activité du Stromboli, Vulcano et ses plages de sable noir, l’isola Basilazzo et ses mouillages dignes de la baie d’Halong, l’aspect sauvage d’Alicudi et les soirées animées de Lipari ! Succédant à des passages de calme plat, les orages agrémentant la croisière ont permis à Helena de prouver ses qualités marines.    

Alucudi
En vue du Stomboli

       

Et puis ce fut Tropea et ses falaises, le détroit de Messine et ses contrastes. Les magnifiques sites se suivent : Taormina, Aci Trezza ainsi que le Cyclope.

Au large de la Sicile
On mange bien à bord d’Helena

Helena poursuit sa route par une succession de lieux superbes : Catane, l’Etna aux nombreux cratères, ses forêts et les gorges d’Alcantara, puis Syracuse et Ortigia, patrie d’Archimède, enfin Porto Empedocle et la vallée des temples d’Agrigente. Au milieu de tant de beautés, Helena et ses équipiers ne se lassent pas de naviguer au milieu de dauphins et des baleines, de déguster les merveilles gastronomiques et les vins siciliens !

Hélas tout a une fin et après un dernier tour dans les îles, Helena arrive à Palerme pour y passer l’hiver. Elle nous attendra en 2021 pour de nouvelles découvertes.

Dernière escale aux Iles Egades avant l’hivernage
Helena prête à l’hivernage

Le long des côtes de l’ouest de la Corse : Calvi – Bonifacio du 4 au 11 juin 2022

Les trois équipiers ont rejoint Helena et Alain Linder son skipper par des chemins variés, directement en avion, en avion et en voiture, en avion et en train. Toujours est-il que le dimanche 5 au matin tout l’équipage était réuni, l’avitaillement était fait … mais le vent au large était trop fort pour permettre à Helena d’appareiller, la journée fut donc consacrée à la balade et à la visite de la charmante ville de Calvi.

Le lundi matin Helena pris la mer. Cette dernière était bien formée, le vent toujours fort mais mal orienté puisqu’il soufflait du sud-ouest et que notre ketch se dirigeait au sud-ouest. Equipé de gilets l’équipage eut le plaisir d’enchaîner des virements de bord au milieu des embruns pour atteindre en fin de journée une baie magnifique située à l’ouest de Galeria et non loin de la réserve de Scandola. L’ancre fut jetée au pied des falaises rouges. Cette soirée et les suivantes en mouillage forain ont permis à notre cuisinier de la semaine de régaler ses compagnons de croisière grâce à ses talents !
Helena poursuivit ensuite sa route vers le sud au large de Scandola et Porto, tout le monde put profiter d’une belle baignade au pied des falaises de Piana et d’un beau mouillage au sud du Cap Rosso.

Le lendemain, en route pour la baie d’Ajaccio. Le temps se calmait peu à peu, mais un bon vent nous a permis de poursuivre notre périple à la voile au large des sublimes côtes de la Corse. La soirée permit à nouveau aux équipiers de se baigner avant de rendre visite aux îles Sanguinaires.

Les deux jours suivants nous offrirent une belle navigation entre caps rocheux battus par les flots et criques turquoise ensoleillées, même si le vent finit par faiblir au nord  de Bonifacio.   

L’approche de Bonifacio et l’entrée dans le port conclurent cette semaine de manière spectaculaire.

Ce fut un plaisir de découvrir ou redécouvrir les paysages enchanteurs de l’ouest de la Corse. Le skipper et les autres équipiers félicitent et remercient encore François Berne pour la succulente cuisine qu’il a su préparer à bord, même au milieu du vent et de la houle du début de la semaine.

Une longue et belle histoire

Helena est un ketch de 18 mètres, affichant de belles lignes classiques qui fut commandé en 1913 par un notable de Marseille aux chantiers Corde & Fils à Lormont (Gironde). Le certificat « Veritas » lui fut attribué pour la qualité de sa construction.

Avec ses 18 tonneaux de jauge brute, ce yacht en bois sillonna plus d’une mer. Le premier document de navigation connu fut établi à Oran en 1929. Dès lors, Helena laissa un goût de mystère, en changeant à plusieurs reprises de propriétaires et de contrées. C’est en 1986 à St-Martin (Antilles) que Pierre-Alain Bourqui découvre Helena et lui fait sillonner les eaux de la région pour le compte de Gérard Bagot avant que ce dernier lui vende le bateau.

Des travaux importants deviennent indispensables et le voilier repart pour l’Europe. L’association Helena est fondée en cours de route par Alain Bourqui, Stéphane Harder et Alain Linder. Arrivée sur les bords du Léman, une équipe de passionnés entraînés par Philippe Durr et Alain Linder consacrent plus de dix ans de travail assidu à sa restauration.

Depuis le printemps 2007 Helena a retrouvé la mer et accueille à son bord les membres de l’association.

Le très beau livre « Helena 1913 cent ans de saga » livre raconte cette aventure. Commandez-le !